Agriculture, agroalimentaire et alimentation – février 2026

Published On: 24 mars 2026Views: 4

Valérie Tabart porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Agriculture, agroalimentaire et alimentation (Mission5, P 509)

M.le Président, M. le Vice-Président, chers collègues,  

 

Nous vous remercions, Monsieur le Président, Monsieur le Vice-président, d'avoir rouvert un espace de discussion en amont de cette session budgétaire, et tenons à saluer, Monsieur Lécuyer, votre disponibilité et la qualité de nos échanges.  

Nous approuvons plusieurs de vos arbitrages dans un budget agricole lui aussi sous contrainte.  

En revanche, nous demeurons en désaccord avec un certain nombre de vos choix. 

Pour éclairer nos divergences sur ce budget, il est nécessaire de replacer ce programme dans nos visions et projets politiques respectifs en matière agricole. 

Quand nous vous lisons, Monsieur le Président, dans l'entretien que vous avez accordé au quotidien Ouest-France le 16 janvier dernier, au plus fort des mobilisations agricoles, nous nous retrouvons sur plusieurs points : vous affirmez la force d'un nouveau projet politique visant à "se nourrir sans dépendre des autres", vous évoquez l'autonomie et l'agroécologie, vous appelez l'Europe à affirmer ses normes sociales et environnementales, y compris pour les produits importés afin de protéger notre agriculture, et vous indiquez, dans cette perspective, que l'accord Mercosur n'est plus dans le logiciel pour le XXIᵉ siècle. France le 16 janvier dernier, au plus fort des mobilisations agricoles, nous nous retrouvons sur plusieurs points : vous affirmez la force d'un nouveau projet politique visant à "se nourrir sans dépendre des autres", vous évoquez l'autonomie et l'agroécologie, vous appelez l'Europe à affirmer ses normes sociales et environnementales, y compris pour les produits importés afin de protéger notre agriculture.

Mais vous nous dites aussi votre fierté à exporter des productions agricoles bretonnes.  

Nous ne sommes pas opposés au commerce international : nous voulons une Bretagne ouverte sur le monde. 

Mais il faut regarder de près quand la capacité exportatrice vient d'une production bretonne dépendante des importations d'intrants. 

En fait, vous nous semblez vouloir donner satisfaction à tout le monde, M. Le président…  

Dans la première partie de votre discours, vous nous parlez, vous parlez aux réseaux paysans et écologistes et à une société bretonne soucieuse de santé et d'environnement 

Dans la seconde partie, vous rassurez un monde agricole conservateur – et ses représentants qui freinent les prises de consciences et les changements de pratiques – ainsi que l'agro-industrie, attachés au statu quo voire à des reculs environnementaux. 

Dans les communications sur les réseaux sociaux à propos de la restauration collective dans les lycées, est mise en avant la fierté que nous pouvons porter aux producteurs bretons et la vocation de la Région Bretagne à nourrir.  

Oui, en Bretagne, il s'agit bien de produire pour nourrir.  

Mais, dans votre communication, ne donnez-vous pas aussi des gages à ceux qui refusent de questionner les volumes de production en Bretagne ? Ne brandissez-vous pas, vous aussi, l'argument de la "souveraineté alimentaire" dans une acception dévoyée, qui vise avant tout à maintenir les capacités productives et les exportations, alors que la souveraineté alimentaire désigne le droit des peuples à définir leur alimentation selon leurs propres capacités, sans nuire à d'autres territoires ? 

Pouvez-vous nous dire : Où aujourd'hui en Bretagne sont repensées les trajectoires de production agricole, réencastrées dans nos capacités réelles sans externaliser vers d'autres territoires des empreintes carbone, eau et biodiversité négatives ?   

Nous voyons aujourd'hui trois autres différences significatives. 

Premièrement, votre choix affirmé de privilégier les aides vers les bénéficiaires finaux, au détriment des structures d'accompagnement, qui tourne le dos aux fondamentaux de gauche, attachés aux dynamiques collectives. Comme si il y avait une plus grande efficacité de l'utilisation de l'argent en arrivant dans les fermes, comme si les structures étaient secondaires et ne sont pas vues comme essentielles pour préserver des bénéficiaires, que nous voulons nombreux notamment dans les installations ! Où l'aide publique régionale doit-elle intervenir ? En amont, auprès des structures qui favorisent les installations et font émerger de nouvelles pratiques agroécologiques, ou seulement une fois les projets d'installation bien ficelés, et qu'un certain nombre d'entre eux n'ont plus réellement besoin de soutien public ? elle intervenir en priorité ? En amont, auprès des structures qui favorisent les installations et font émerger de nouvelles pratiques agroécologiques, ou seulement une fois les projets d'installation bien ficelés, alors que nombre d'entre eux n'ont plus réellement besoin de soutien public ? 

Deuxièmement, nous sommes en désaccord avec la suppression des aides aux syndicats agricoles, corps intermédiaires essentiels au maintien d'un dialogue social. Dans l'espoir que cette erreur politique soit corrigée lors de la DM, permettez-nous simplement de rappeler cette phrase de Jean Jaurès à la Chambre des députés, en 1893 : « En instituant les syndicats, vous ne pouviez faire qu'une chose : donner aux travailleurs […] le sentiment d'une force plus grande.  

Troisièmement, nous contestons le choix de ne pas maintenir, et a fortiori de ne pas renforcer, les structures de l'agroécologie que sont les réseaux FRAB, GAB et CIVAM.  

Sous la pression de l'agro-industrie, plusieurs recommandations de la récente publication du rapport du Haut-commissariat au plan visant à réduire l'usage des pesticides ont été retirées. Malgré cette censure regrettable, le rapport souligne clairement la nécessité de développer massivement l'agroécologie et l'agriculture biologique. 

Une majorité de gauche et progressiste devrait faire ça !  

Nous souhaitons poursuivre l'échange politique sur tous ces points 

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