
Eau et biodiversité – février 2026
Christine Prigent porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Eau et biodiversité (Mission 6 P 601 et 602)
Monsieur le président, Madame la vice-présidente, Monsieur le vice-président, chers collègues
Programme 601. Eau : Aujourd'hui, on constate une accélération du changement climatique et une pression croissante sur les ressources naturelles. Les impacts sur le cycle de l'eau sont désormais flagrants.
Les objectifs européens de bon état écologique ne sont pas atteints, et on en est loin, car 67% des masses d'eau bretonnes sont en état plus ou moins dégradées. Les phénomènes d'eutrophisation de nos cours d'eau, les échouages d'algues vertes qui ne diminuent pas mais qui s'étendent sur les vasières, la quantité de molécules de pesticides et de leurs métabolites toujours plus nombreux, sans oublier les PFAS, altèrent la qualité de l'eau bretonne.
Nous tenons à rappeler l'importance des instances de l'eau, comme les Commissions locales de l'eau (les CLE) des SAGE. Ces instances paritaires, composées d'élu.es, de représentants du monde agricole et de la pêche, de l'industrie, des associations environnementales, travaillent pour un juste partage de l'eau et pour le maintien d'une eau de qualité pour tous les usagers.
Il est inadmissible qu'une minorité représentant un intérêt économique particulier empêche, par la force la tenue de ces commissions. Ce qui s'est passé au mois de décembre autour du SAGE Vilaine est inacceptable tout comme le souhait du gouvernement de remettre en question les instances de l'eau nous inquiète fortement.
Le modèle français de gestion par cohérence hydrographique par bassin, le financement des agences de l'eau et à la démocratie participative doivent être préservés et même renforcé.
La dégradation de la qualité de l'eau se conjugue avec les conséquences du changement climatique : des périodes d'étiage beaucoup plus importantes et des phénomènes d'inondation emportant tout sur leur passage.
En Bretagne, il va nous falloir prioriser les actions les plus efficaces. Par exemple, comme l'a rappelé Valérie Tabard lors de la commission climat, le financement des assainissements non collectifs en zone littorale n'est sans doute pas prioritaire.
Sur la ligne : « Actions en faveur de la sobriété et de la gestion quantitative de l'eau, et des bassins versants et maintien en bon état des masses d'eau », nous constatons, comme le CESER, une baisse des crédits sur les programmes de fonctionnement de – 7%, soit 550 000€ en moins par rapport au budget 2025 (en prenant en compte les 2 DM) et en investissements de -2% soit 150 000€.
Une baisse sur un sujet aussi essentiel, dans une Bretagne qui connaît, depuis un mois, des épisodes de crues majeures mais qui ne sont malheureusement plus exceptionnelles est incompréhensible. Toute la vie et l'économie sont à l'arrêt dans les territoires concernés. Sans compter l'impact sur la population et son désarroi. Nous avons bien sûr une pensée pour les habitant.es de Quimperlé et des autres communes impactées.
La prévention vaut toujours mieux que la réparation.
Amendement n°9.
Programme 602. Biodiversité
Ce programme 602, financé par des montants ridicules connaît une petite baisse.
C'est bien de dire que la protection de la biodiversité est importante mais ce serait encore mieux de le montrer en actes en commençant par un budget conséquent. Ce programme, reste en 2026 comme précédemment, le parent pauvre des politiques publiques.
L'effondrement de la biodiversité est une réalité qui nous préoccupe. Ses impacts sur le long terme, même s'ils sont moins documentés que les impacts dus au dérèglement climatique, affecteront durablement les rendements de l'agriculture, et plus globalement la qualité de vie sur notre planète.
S'il est nécessaire de protéger les écosystèmes en presque bon état, je pense ici à la nouvelle Réserve régionale de la Poterie, il faut aussi se donner les moyens de restaurer les écosystèmes dégradés.
La stratégie bretonne pour la biodiversité sera présentée en session, au printemps.
Des élu.es de la commission souhaitent y travailler en amont
Une proposition de loi adoptée en commission à l'Assemblée nationale vise à reconnaître et généraliser l'éducation en extérieur, au contact de la nature. Les bienfaits sont nombreux : curiosité, concentration, bien-être, compétences sociales, tout en reconnectant l'école à la nature et à son territoire. Cette proposition sera examinée à l'Assemblée nationale en séance plénière le jeudi 12 février, aujourd'hui. La Région Bretagne soutient des actions qui vont dans ce sens et c'est très bien.
Nous tenons à conclure notre propos en apportant notre Soutien à l'Office Français de la Biodiversité. L'OFB avec laquelle la Région partage la co-présidence de l'Agence Bretonne de la biodiversité.
L'OFB, agence de l'état, est prise à partie, sans cesse, par des tenants d'une agriculture productiviste qui n'hésitent pas à dégrader ses locaux, à agresser ses fonctionnaires sous les yeux de la police qui n'intervient pas.
L'OFB, autrefois appelée police de l'environnement, attaquée par les partis réactionnaires et populistes qui ne cessent de demander davantage de police.
L'OFB, agence d'un état qui ne la défend même plus, mais qui, au contraire, la dénigre.




