Emploi, formation et orientation – février 2026

Published On: 19 mars 2026Views: 2

Valérie Tabart porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Emploi, formation et orientation 

Monsieur le Président, Madame la Vice-Présidente, chers collègues

6.3… 6.3%, c’est le taux de chômage en Bretagne fin 2025, en légère hausse par rapport à 2024, dans une région qui continue de créer de l’emploi et 1.4% sous la moyenne nationale de 7.7%

6.3%, c’est trop pour baisser la garde. Nous ne sommes pas au plein emploi et donc l’Etat ne devrait pas avoir la main qui tremble quant au maintien des crédits du PRIC. Oui mais voilà, l’Etat n’est même pas capable de garantir les financements sur 3 ans de formations qui durent 3 ans. Cela semble absurde, mais c’est pourtant ainsi.

On pourrait pour l’absurdité évoquer la dette de 12 milliards de France-Compétences, coulé à coups de cadeaux fiscaux invraisemblables aux entreprises qui recrutent des apprentis.

Le chiffre est terrifiant : l’Allemagne, le pays référence en matière d’apprentissage accorde en moyenne 15 000€ d’aides publiques par contrat signé quand la France a mis en place un dispositif irresponsable de 45 000€ de subventions par contrat signé. La conséquence immédiate pour le budget 2026 est la division par 2 de la dotation consacrée à l’apprentissage !

Mais revenons aux demandeurs d’emplois bretons :

Puisque le chômage augmente légèrement, ceux qui perdent leur boulot les premiers sont les précaires qui venaient de rentrer en emploi à la faveur du regain précédent. Ceux-ci sont donc déjà mobilisés pour trouver du boulot, sauf à ce qu’ils décrochent, aspirés par les problématiques de mobilités, de santé ou de logement. Ils sont employables mais pas nécessairement qualifiés aux emplois disponibles. Pour ceux-là, il faut des formations ad hoc ajustés aux recrutements en cours.

Juste à côté d’eux, il y a les demandeurs d’emplois qui l’étaient déjà juste avant la crise. Le risque est grand que ceux-là décrochent dans un moment plus défavorable sur le marché du travail. Ils constituent le cœur des publics visés par les dispositifs régionaux de formation professionnelle, qui devraient être non seulement maintenus, mais renforcés pour correspondre aux niveaux de qualification attendus par les employeurs.

Plus loin encore de l’emploi se trouvent les demandeurs d’emplois de longue durée. Ceux-ci ont besoin d’une attention encore plus forte qu’ils sont dans une dynamique très défavorable alors même que le taux de chômage reste faible. Ils ont surtout besoin de la gamme PREPA pour résoudre les problèmes conséquents d’exclusion sociale avant l’accès à des formations qualifiantes.

Enfin, il reste les jeunes non diplômés qui arrivent sur le marché du travail et les licenciés économiques, par exemple, ceux de Michelin, qui font l’objet d’un dispositif spécifique de reclassement. On sait combien leur reclassement a nécessité de mobiliser les plateaux techniques financés ou soutenus par la Région dans nos lycées ou dans les CFA bretons.

Dans ces 5 cas, la conclusion est la même, tous ont besoin que l’action de la région soit forte en matière d’emploi-formation.

Mais du fait d’un Etat imprévoyant, la mission 2 dans ce budget prévisionnel est amputée de ce qui faisait la marque de fabrique d’une région Bretagne protectrice.

Les acteurs de la formation professionnels sont fragilisés par ces coupes budgétaires ; certains ne tiendront pas, certains ont déjà disparu. C’est tout l’appareil de formation professionnelle, très ancré en Bretagne sur les territoires, qui vacille : des savoirs faire d’accompagnement congédiés, des professionnel.le.s de l’insertion qui vont perdre leur emploi, des hommes et des femmes laissés au bord du chemin. C’est aussi la capacité à forger de nouvelles compétences, à répondre au défi de la réindustrialisation et de la transition écologique et à maintenir une compétitivité de nos entreprises qui est attaquée. C’est former moins de professionnels de la santé alors que nous sommes en profonde crise sur ce secteur.

Dans cette plongée un peu sombre, nous formulons trois invitations à l’encontre de la majorité aux commandes :

Premièrement, la probable future DM1 de juin prochain devrait réabonder plusieurs programmes de la mission 2, limitant la casse : les formations sanitaires et sociales devront être revues à la hausse. Nous pensons que cela devra aller plus loin sur les autres programmes.

Deuxièmement, le document budgétaire évoque le bilan à mi-parcours de la SRTES pour donner une grille de lecture aux choix opérationnels faits en matière d’emploi-formation. Nous souhaitons donc que ce travail soit à la fois précisé et surtout débattu en vue des ultimes arbitrages de juin prochain.

Troisièmement, nous pensons que la Région, votre majorité, doit politiser le sujet, en rendant publiques les raisons du renoncement régional. Il est indispensable de mobiliser la société bretonne et de contrecarrer le sentiment d’abandon et de colère — dont certains tirent profit — en désignant les responsabilités et en affirmant la nécessité d’une refonte de l’organisation des pouvoirs en France et d’une véritable perspective d’autonomie régionale.

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