Pêche – février 2026

Published On: 24 mars 2026Views: 5

Gael Briand porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Pêche (Mission 5 P 510)

Monsieur le Président, 

 

Sans être exhaustif, notre groupe voit plusieurs enjeux contemporains en matière de pêche : le vivant, la décarbonation, le partage de l'espace induisant la gouvernance et avec lui, surtout, la survie des communautés de pêche. 

 

Sur l'investissement écologique, nous avions déposé un amendement que nous qualifiions de « questionnant ». Il est parfois difficile de s'y retrouver dans un budget et il nous semblait que les lignes consacrées à ces investissements écologiques réduisaient. Discussions faites avec M. Cueff, certaines lignes ont bougé, certains investissements liés à la décarbonation ont été fait l'an dernier. Bref, les doutes levés, nous voilà rassurés et nous retirons cet amendement.  

 

Reste que la problématique écologique est toujours aussi prégnante dans nos eaux. D'aucuns misent sur la pisciculture pour remédier aux problèmes de biodiversité. Notre groupe s'oppose au financement de la pisciculture, pratique complètement absurde de production de poissons d'élevages nourris aux poissons sauvages. Et par ailleurs – cela nous vous étonnera pas – nous aimerions que soit menée une étude sur la pollution des littoraux et la disparition consécutive du plancton. Ici ou dans le volet biodiversité, nous ne pouvons parler d'espèces animales comme si elles n'étaient que des minerais, des ressources, des stocks. Le poisson est vivant et agir sur la base de la chaîne alimentaire, c'est aussi assurer notre souveraineté alimentaire. 

 

Mais la pêche, ce sont d'abord des femmes et des hommes. En ce qui concerne la gouvernance, la structuration en plaques était intéressante, mais force est de constater qu'elle ne remplacera pas la disparition des comités locaux qui semblaient plus représentatifs des communautés de pêche. A ce titre, la notion de « Port de Bretagne » fait peu de sens dans ce domaine tant les pêcheries sont diverses et les conflits d'usage sont légions.  

 

En témoigne celui qui agite la pointe bretonne ces dernières semaines opposant au tribunal l'association Pêche Avenir Cap Sizun et le comité régional des pêches. En cause ? La présence de deux chalutiers dit « 4 panneaux » considérés comme chaluts pélagiques pour l'association et chaluts de fond pour le comité. De fait, la question porte sur la présence de tels chalutiers dans la bande côtière des 9 miles où opèrent ligneurs, fileyeurs et chalutiers sans 4 panneaux. La justice a récemment donné raison à l'association, mais les navires s'en lavent les mains, protégés par le comité régional des pêches qui va en cassation. Ambiance ! Dès lors on s'interroge : où est passé l'État ?  

 

Sur le fond du dossier, l'effort de pêche de ce type d'équipement 4 panneaux est énorme comparé à la pression exercée par tous les autres si bien qu'en une ou deux nuits, ces 4 panneaux ratissent l'équivalent d'une année de pêche pour un autre navire. Un patron de pêche chalutier lorientais m'a même confirmé que la maille des filets de ces 4 panneaux était trop petite ! Le comité des pêches cherche à enfermer l'association dans un discours pro ou anti-chalut, mais ce n'est absolument pas le sujet. Pour notre groupe, c'est toute une communauté de pêche locale qui est menacée par l'opportunisme de quelques uns. Où est l'intérêt général ? Tout cela pour dire qu'en terme de gouvernance, la pêche bretonne paye la disparition des comités locaux qui resurgissent comme des fantômes. Là aussi, c'est un élément qu'il faudra garder en tête car nous croyons beaucoup à la responsabilisation par l'usage. Si nous tolérons la loi du plus fort, alors nous faisons le jeu du plus fort, de l'industrialisation croissante, de la concentration de la captation. Au détriment de certaines pratiques, au détriment aussi de la faune marine à qui on doit laisser le temps de la régénération.  

 

De même que les peuples autochtones sont les principaux défenseurs de leurs milieux, les marins-pêcheurs, si les règles de gouvernance leur donne les moyens de s'auto-organiser par communautés de pêche, seraient les principaux protecteurs de nos côtes. 

 

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