RADD – juin 2026

Published On: 22 juillet 2026Views: 3

Intervention d'Aziliz Gouez au sujet du RADD, volet santé lors de la session du 25 et 26 juin 2026

 

Chers collègues, 

424 pages, 5 minutes, un donner acte…. Face à cette équation insoluble, nous vous proposons d'enjamber les 338 premières pages et de nous concentrer sur le rapport transversal santé 2025, première année de mise en œuvre de la feuille de route votée l'année dernière et portée par la vice-présidente Delphine Alexandre. 

Permettez-moi de commencer par dire que nous partageons l'avis du CESER : le niveau de maturité de ce rapport justifierait qu'il quitte les rives du RADD pour former un document distinct et faire l'objet d'un débat dédié. Ceci se justifie d'autant plus que la santé, nous le savons, fait partie des premières préoccupations des Bretonnes et des Bretons ; un domaine sur lequel nos regards ont beaucoup évolué ces dernières années, notamment du fait du vieillissement tendanciel, mais aussi par la progression des recherches qui mettent en lumière ce que l'on appelle la « santé globale », à savoir le continuum qui unit santé animal et végétale et santé humaine. Enfin la santé est l'une des dimensions de la vie quotidienne que le groupe Breizh a-gleiz souhaiterait voir prise en charge par la Région, au travers d'un transfert de compétences et de moyens, au moins pour ce qui concerne l'accès aux soins, sujet crucial et anxiogène s'il en est. 

Ceci étant dit, comme le dit l'introduction de votre rapport, la santé a de multiples déterminants, sur un certain nombre desquels la Région Bretagne a quelque traction. Je souhaiterais balayer rapidement 4 d'entre eux : 

– L'alimentation dans nos lycées, d'abord, laquelle, à raison, figure en bonne place dans le rapport. Nous trouvons en revanche déplacé le satisfecit dont elle fait l'objet, alors qu'en 2025, 9 ans après les Etats généraux de l'alimentation coordonnés par notre collègue Olivier Allain, vous êtes toujours loin des objectifs de la loi Egalim en matière de produits bios et locaux, avec à peine plus de 20 % de bio à l'échelle régionale, 33 % de produits sous label, et un coût matière de 2,50 euros, quand la ville de Brest est à 80 % de bio et une commune comme Questembert à 82 % de bio, 94 % de produits locaux, avec un coût matière de 2,15 euros. Évidemment la Région a d'autres contraintes, mais en attendant le transfert des secrétaires généraux, qui figure dans une proposition de loi portée par M. Uzenat, et pour autant qu'elle arrive à l'odj du Sénat, un peu plus de modestie serait bienvenue. 

– Sur la santé environnementale, ensuite, vous avez franchi un cap quant au constat et la volonté d'agir. Il vous reste à en tirer pleinement les conséquences sur vos politiques publiques en particulier dans les champs de l'agriculture et de de l'agroalimentaire, et à porter un cap plus affirmé dans le débat public. La question a été posée ce matin : que dit la Région dans le débat sur le SAGE Vilaine ? Que dites-vous quand se multiplient les demandes de forages venant d'élevages porcins hors-sol ? Que dites-vous quand la Cooperl pèse sur les parlementaires pour rehausser les seuils des installations classées ? Bien sûr que la sensibilisation des habitants est nécessaire, mais les enjeux de santé environnementale dépendent avant tout de notre capacité collective à accompagner la mutation des secteurs agricole et industriels. S'agissant d'un rapport transversal, nous souhaiterions qu'à l'avenir transparaissent dans ces pages les ré-aiguillages en cours des modèles productifs bretons, sans quoi cette politique continuera de claudiquer. Nous connaissons votre goût du systémique, alors pourriez-vous, Mme la Vice-Présidente, prendre  en considération notre demande ? 

Quelques mots, troisièmement, sur l'immense sujet de l'accès aux soins, décrite dans le rapport comme un « droit fondamental » – et qui donc, en tant que tel, est largement bafoué en Bretagne aujourd'hui. C'est ce qui a justifié l'action disruptive des maires costarmoricains en 2024, que nous avions relayé dans cet hémicycle. Nous avions alors eu un échange sur la régionalisation de l'ARS : pouvez-vous nous dire, Mme la Vice Présidente où nous en sommes sur ce sujet ? 

Sur la santé mentale, enfin, qui est l'une des grandes urgences du moment. Là encore, vos moyens sont limités, et vous mobilisez votre action sur la prévention des suicides des jeunes par une densité de dispositifs d'écoute. Cette toile apparaît comme une bonne réponse à notre échelle et au vu des compétences de la Région. Il manque peut-être une lisibilité des outils de coordination avec les autres acteurs de terrain : centres sociaux, missions locales, et CCAS des communes. Il manque surtout un volet de repérage en milieu scolaire de difficultés psychiques qui nécessiteraient des accompagnements spécifiques, et robustes, surtout. Ce maillon manquant n'est pas simple à rétablir, tant la médecine scolaire a été négligée et sabotée par le ministère de l'éducation nationale.  

Merci par avance, Madame la Vice-Présidence, des réponse que vous pourrez nous apporter sur ces quelques points. 

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