Langues de Bretagne – février 2026

Published On: 19 mars 2026Views: 2

Ana Sohier porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Langues de Bretagne

Aotrou prezidant,

E miz Kerzu hon oa lakaet ac’hanoc’h war evezh diwar-benn stad ar politikerezh yezh.

Daoust d’ar steuñv ad-perc’hennañ ar yezh bet votet a-unvouezh, n’eo ket tizhet ar pal c’hoazh : evit ar wech kentañ eo aet war-gil niver ar vugale en hentennoù diyezhek, hag ar pal a oa bet lakaet da dregont mil skoliad e 2027 ne vo ket tizhet.

Gwir eo e ra ar Rannvro he lod, padal eo gant ar Stad n’eo ket dalc’het he ger, ha da heul e kas ar steuñv d’an traoñ : stummañ ar gelennerien, merañ niver an deskarded, digeriñ stummadurioù nevez. Gwelet a reomp da betra e gas dichal ar Stad.

Evit afer-se e welomp ar budjed orin bet kinniget o c’horrekaat diwar raktres 2023. Budjed yezhoù Breizh evit 2026 zo bet lakaet da 11,9 milion a euroioù : Ur bloaz dale neuze, padal ar sifroù a c’houlenn diganeomp chom war-evezh : war an diskar niver ar gomzerien, digresk war niver ar skolidi, breskoc’h ar c’hevredigezhioù hag an dud a-vicher. 

Kinnig a reomp neuze ar c’hemm-mañ : doujañ ouzh an hent bet votet. Raktreset e oa bet 12,5 milion a euroioù e 2026, n’eo ket re, met pezh zo ret evit evit chom hep koll sont. Rak tro-kein ar sifroù-se, ensavadurioù a-bouez a vez o labourat diwar re nebeut : daou implijad nemetken ar gevredigezh Divezh evit gellet heuliañ ur c’hant bennak a glasoù, e-keit ma n’hell ket Ti Embann ar Skolioù embann ar binvijin pedagogel ret, ha kement-all evit oberourien all ar politikerezh yezh.

Dilezel hiriv an hent bet raktreset a vefe lakaat war-wel un arouez a lakfe oberourien ar sevenadur da goll kalon, pa ne fell ket dezho. Fellout a ra deomp neuze skoazell an holl re a ra o labour war ar bemdez, ha diskouez e chom Rannvro Breizh da lakaat hor yezhoù da chom bev.

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Monsieur le Président

En décembre, nous vous alertions sur l’avenir de la politique linguistique.

Nous constations que, malgré l’adoption unanime du plan de réappropriation linguistique, les résultats ne sont pas au rendez-vous : le nombre d’élèves en filières bilingues a reculé pour la première fois, et l’objectif de 30 000 élèves en 2027 n’est plus atteignable.

La Région fait sa part, mais l’État ne tient pas les engagements qui conditionnent la réussite du plan : formation des enseignants, gestion des effectifs, ouverture de nouvelles formations. Nous voyons aujourd’hui les conséquences de cette défaillance : le nombre d’élèves en filières bilingues a reculé pour la première fois, et l’objectif de 30 000 élèves en 2027 n’est plus atteignable. La Région fait sa part, mais l’État ne tient pas les engagements qui conditionnent la réussite du plan : formation des enseignants, gestion des effectifs, ouverture de nouvelles formations. Nous voyons aujourd’hui les conséquences de cette défaillance.

Dans ce contexte, le budget primitif qui nous est présenté marque un ralentissement de la trajectoire votée en 2023. Le budget des langues de Bretagne pour 2026 est fixé à 11,99 millions d’euros, soit quasiment le niveau cible de 2025. C’est un an de retard, alors même que les signaux d’alerte se multiplient : chute accélérée du nombre de locuteurs, baisse des effectifs scolaires, fragilisation des acteurs associatifs et professionnels-cibles de 2025. C’est un an de retard, alors même que les signaux d’alerte se multiplient : chute accélérée du nombre de locuteurs, baisse des effectifs scolaires, fragilisation des acteurs associatifs et professionnels.

Nous proposons donc un amendement simple : respecter la trajectoire votée. Le plan prévoyait 12,58 millions d’euros en 2026. Ce n’est pas un luxe, c’est le minimum pour éviter un décrochage durable. Car derrière ces chiffres, il y a des structures essentielles qui travaillent avec des moyens dérisoires : Div yezh, avec seulement deux salariés pour suivre des centaines de classes ; Ti Embann ar Skolioù, qui ne peut produire les outils pédagogiques nécessaires ; et tant d’autres acteurs qui tiennent la politique linguistique à bout de bras.

Renoncer aujourd’hui à la trajectoire que nous avons collectivement adoptée reviendrait à envoyer un signal de découragement à tout un mouvement qui, lui, ne baisse pas les bras. Nous vous proposons au contraire de maintenir l’ambition, de soutenir celles et ceux qui agissent chaque jour, et de montrer que la Région Bretagne reste déterminée à faire vivre ses langues.

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