Territoires et habitat -février – 2026

Published On: 24 mars 2026Views: 5

Valérie Tabart porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Territoires et habitat (Mission 4 P 402, 403 et 404)

 Mme la Vice-Présidente, M. Le Vice-Président, chers collègues,  

  

Je ne vais pas m'attarder sur tout le bien qu'on pense des inflexions régionales en matière de politique territoriale,  

que ce soit sur la fermeté et le dynamisme de la trajectoire de sobriété foncière,  

sur l'action déterminée de corrections des inégalités territoriales  

et sur l'intervention assumée de la puissance publique dans la régulation du marché du foncier et du logement pour ne pas laisser seul le marché privé, lequel exacerbe les inégalités territoriales et sociales  

 

Je vais insister sur quelques points qu'introduira notre amendement et surtout vous redire la principale et majeure critique que nous portons, qui appelle, nous le pensons, à une refondation de la politique territoriale.  

Nous accueillons très positivement l'étude régionale sur la production de logements sociaux communaux en milieu rural qui devrait déboucher sur un futur axe de soutien de la Région, tant nous mesurons la difficulté de faire venir des bailleurs sociaux dans des territoires ruraux.    

Nous pensons d'ailleurs que la Région doit mieux intégrer un urbanisme rural, qui, sans remettre en cause la trajectoire globale de sobriété foncière, prendrait en compte quelques possibilités de densification dans les villages, ainsi nommés en Bretagne pour ce qui est communément appelés les hameaux dans d'autres régions de France.  

À travers cet enjeu, il s'agit de refuser de calquer sur la Bretagne les standards d'aménagement urbains actuels, qui consistent à penser la concentration des populations dans les unités urbaines, de la métropole au bourg rural et qui conduit à n'avoir plus aucune possibilité de densification dans les villages bretons.   

Ce faisant, il s'agit aussi ne pas tourner le dos à notre héritage breton en matière de peuplement qui donne une trame territoriale si particulière et précieuse en Bretagne, intégrant de nombreuses villes moyennes, bourgs et villages. 

J'aurai l'occasion d'y revenir lors de la présentation de l'amendement de notre collègue Aziliz Gouez, empêchée de participer à cette session pour des raisons familiales, et qui complète votre proposition de soutien aux démarches contribuant au développement d'un modèle breton d'aménagement et d'habitat.  

 

Notre principale critique à l'égard de votre politique tient au fait que vous ne concevez plus le soutien au développement local à travers les « pays ». Comme l'ont justement souligné notre collègue Aziliz Gouez et la députée Mélanie Thomin dans une tribune commune. Réancrer l'action publique à l'échelle des pays, c'est-à-dire des bassins de vie, est essentiel pour inventer et structurer de nouvelles coopérations entre territoires urbains et ruraux, notamment face à la raréfaction des ressources et à la nécessité de leur partage. 

Il y a là une dégradation d'un héritage précieux pour la Bretagne, qui avait su, à travers la figure de Paul Houée dans le Mené, être pionnière des démarches de développement local ascendantes et de la création des pays. 

  

C'est pourquoi nous réaffirmons qu'un soutien à une ingénierie territoriale à l'échelle des pays — à laquelle vous avez largement renoncé — porte une tout autre ambition : celle de faire émerger des projets de territoire inédits. À l'inverse, mettre en avant une ingénierie régionale relève davantage d'une logique de guichet, consistant à adapter des actions aux dispositifs d'aides régionales. 

 

Pourtant, nombre de sujets se traitent encore à cette échelle intermédiaire des Pays : comités locaux LEADER et FEAMPA, territoires de SCOT, contrats locaux de santé, plans alimentaires territoriaux, territoires d'industrie, que d'enjeux qui dépassent le cadre intercommunal sans se hisser au niveau départemental ou régional. 

 

Dans le contexte de questionnement budgétaire sur la poursuite du programme « Bien vivre en Bretagne », saurez-vous, comme nous vous y invitons, penser la Bretagne à nouveau au travers des pays, contractualiser à cette échelle -ce qui peut parfois correspondre aux intercommunalités- et à recentrer les crédits régionaux  

en direction des ingénierie territoriales,  

des projets de nouvelles alliances villes-campagnes  

et, enfin, vers le renforcement de la différenciation, que vous avez bien initiée,envers les territoires les plus fragiles :  ruraux, quartier politique de la ville et les Iles.  

  

Un mot pour finir sur Mégalis.  

Le résultat pourrait bien exaspérer l'extrême-droite : personne n'est laissé au bord du chemin, et donc pas de clientèle chez qui susciter un ressentiment, une colère, un repli.  

Pardon, si. Il peut y avoir des perdants : les habitants des zones moins denses des grandes villes bretonnes, abandonnés dans les zones AMI dont ils relèvent par les opérateurs privés.  

Mais l'essentiel du résultat est que la fibre relie les logements des bretons, par un réseau qui appartient à la puissance publique, ce qui n'est pas le moindre des atouts de notre Région pour le futur.  

 

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