
Economie – février – 2026
Kristian Guyonvarc’h porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Economie (Mission 5 P 503 à 508)
Monsieur le Président, Madame la vice-présidente, chères/chers collègues,
Nous demandons que la Région intervienne et agisse pour une implication plus forte dans les filières des éco matériaux de la part du pôle de compétitivité interrégional EMC2 (technologies industrielles et matériaux) et du pôle de compétitivité Vegepolys Valley (filières du végétal), interrégional lui aussi. Et puisque le siège de ces deux pôles de compétitivité se trouve respectivement à Bouguenais, près de Nantes, pour EMC2 et à Angers pour Vegepolys Valley, cette implication passera nécessairement par les antennes qui les représentent sur le territoire de la Bretagne administrative : Vegenov et l'Institut Maupertuis. De quoi s'agit-il ? Il s'agit de développer la production des éco matériaux sur le territoire de la Bretagne administrative mais aussi de généraliser leurs applications qui sont multiples et intéressent plusieurs secteurs industriels, avec des perspectives de créations d'emplois durables, non délocalisables.
On peut même dire qu'à part peut-être Images et Réseaux, tous les autres pôles de compétitivité que la Région Bretagne finance sont également concernés par les éco matériaux : Valorial qui s'occupe des filières alimentaires, ID4Mobility qui concerne l'industrie des mobilités, Mer Bretagne Atlantique qui se consacre aux innovations maritimes et Atlanpole Biothérapie qui porte sur l'innovation en santé.
Y a-t-il d'autres matériaux que les éco matériaux pour embrasser un éventail aussi large de secteurs économiques ? Et ne sont-ils pas l'essence même d'une économie circulaire ? En résumé, plutôt que d'une stratégie de filière, pour les éco matériaux il faudrait parler d'une stratégie économique inter filières et transversale.
Mobiliser les pôles de compétitivité en faveur des éco matériaux devrait logiquement trouver une déclinaison dans les dispositifs d'innovation que la Région pilote elle-même, à commencer par le dispositif INNO. Idem pour les partenariats de la Région avec les autres collectivités bretonnes, en particulier les EPCI qui partagent la compétence économie avec la Région, mais aussi les partenariats avec Ouest Valorisation, avec les Centres d'innovation technologique et plateformes technologiques, avec les sept technopoles et avec l'agence de la CCI « Bretagne compétitivité ». Enfin, pour être complet et cohérent, pointer les éco matériaux comme une priorité devrait logiquement trouver une traduction dans les futures contractualisations pluriannuelles de la Région avec l'Union européenne et, s'il devait encore y en avoir à l'avenir, avec l'Etat.
Les éco matériaux sont véritablement un sujet stratégique pour la Bretagne puisque, issus de la terre mais aussi de la mer, ils répondent à la fois aux enjeux écologique, énergétique et climatique et aux enjeux de souveraineté et de relocalisation. Constatons que c'est un sujet qui rejoint celui de l'alimentation puisque certains éco matériaux sont issus de plantes ou d'algues qui servent également à nourrir les humains et les animaux d'élevage. A l'évidence, les éco matériaux seront incontournables si l'on veut une Bretagne plus résiliente dans le monde du 21ème siècle, ou plus robuste comme vous dites Monsieur le Président. Et puisque leurs applications existantes et potentielles sont multiples, je terminerai mon intervention en soulignant que mobiliser la Région et ses partenaires en faveur de la production et de l'utilisation de ces éco matériaux ne pourra que valider l'initiative que votre majorité a prise en créant un Indice Breton de l'Achat Local. Alors, ayons de l'ambition pour une Bretagne productive et écologique, une Bretagne qui restera productive parce qu'elle sera écologique.




