
Mobilités – février 2026
Gael Briand porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Mobilités (Mission 7)
Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président,
Du fait du polycentrisme breton, se déplacer en Bretagne était et reste nécessaire. Aussi, nous applaudissons une fois encore l'investissement massif pour améliorer l'offre de TER et augmenter le cadencement sur le barreau sud et bientôt nord de la Bretagne. Nous attendions ces investissements, ils sont en cours de déploiement. La Région Bretagne casse la logique de métropolisation en œuvre ailleurs en France, ce qui a le mérite d'être original. Reste Nantes et St Nazaire qui faute de réunification ne profitent pas de notre boucle. Nos investissements serviront malgré tout une meilleure desserte vers la capitale historique de la Bretagne. A nous de savoir nous rapprocher de ces villes également, pas comme sur la carte de vœux de notre collectivité qui les pointait sans les relier !
Reste aussi à relier les deux barreaux entre eux. Et j'aimerais ici emprunter une expression que j'ai entendue moults fois dans la bouche de Gérard Lahellec, ancien VP aux transports de notre collectivité : « on arrose là où l'herbe est déjà mouillée ! » La démographie bretonne du XXe siècle – comme d'ailleurs mondiale – a cette particularité qu'elle s'est concentrée dans les grandes villes, marque d'un capitalisme qui concentre les richesses, et sur le littoral, marque d'une économie résidentielle qui n'a cessé de s'accentuer. Nous avons déjà exprimé qu'en Bretagne, la vraie séparation n'est pas ouest-est, mais bien sud-nord. C'est particulièrement vrai en matière de transports.
Et c'est, je crois, l'un des seuls points de divergence que nous avons avec vous, M. Le Vice-Président. Nous avons réussi à faire passer ces lignes dans le CPER contre votre avis alors que vous n'y croyiez pas. Non pas par dogmatisme, mais bien par pragmatisme. Vous l'avez redit en commission : « nous avons besoin de 150M€ de plus par an pour financer les mobilités ». De fait, on répond aux urgences et on laisse à l'État ses lignes fines dont il n'a de toute façon que faire ! Ça se comprend. Mais soyons attentifs : la Région doit souvent assumer politiquement les manquements de l'État. Et qu'entendent les gens ? En substance : « qu'ils ne se plaignent pas, l'offre de transport existe ! », comme j'ai pu l'entendre à Lorient. Moi je dis qu'on mesure l'efficacité d'une offre en regardant si les élus l'utilisent ! Mais non, les bus ou les cars, c'est pour les autres, toujours ! Pour toutes celles et ceux qui, pour une raison ou une autre, n'ont pas de voiture : jeunes, vieux, pauvres, immigrés, handicapés.
Pour être utilisé, un bus, comme un car, doit être efficace, c'est-à-dire rapide. Or, traverser la Bretagne de Lorient à Lannion prend au minimum 4h… en stop ! En transport en commun, il faut bien 1h de plus, quand on parvient à avoir les bonnes connexions !
Si on investissait plus, aurait-on plus de chance d'avoir de la fréquentation ? Je vous ai envoyé un message il y a peu au sujet de la ligne Lorient-Pontivy qui illustre bien mon propos. C'est une ligne qui fonctionne plutôt correctement. Et pourtant, elle est lente. Et il y a trop d'arrêts. Or, un bus, on ne l'utilise que s'il est compétitif par rapport à un autre transport… ou si l'on n'a pas le choix. Notre institution cherche à répondre à toutes ces Bretonnes et Bretons qui n'ont pas le choix et c'est un marqueur politique de gauche. Mais nous le faisons a minima. De fait, nous figeons la concentration du logement et des entreprises sur le littoral. Pour être plus clair : nous laissons faire le marché, faute de budget.
Le syndicat mixte Bretagne Mobilités nous offre une possibilité nouvelle : celle de coordonner les transports collectifs régionaux avec les transports urbains locaux. Reprenons cette ligne Lorient/Auray-Pontivy. Imaginons une vraie ligne de car qui soit efficace : rapide car s'arrêtant moins et dont les arrêts sont de véritables pôles de mobilité. Un arrêt au covoiturage de Lanester, un à la gare d'Hennebont (dont l'arrêt n'existe plus), un arrêt à la gare routière de Baud et la gare de Pontivy. Un transport régional (qui ne soit pas scolaire) ne peut pas s'arrêter dans tous les villages, ni faire des détours immenses pour ne ramasser qu'une personne ! Il faut concevoir des pôles. Grâce au doublement du cadencement sur le barreau sud, les communautés de communes/agglo vont pouvoir s'appuyer sur les gares, routières ou ferroviaires, pour repenser leurs réseaux de façon plus efficaces. Nous devons faire nous aussi le même exercice à l'échelle régionale ! Nous nous vantons souvent de la « concertation à la bretonne », vous avez là un beau chantier… Et cela justifiera d'ailleurs la levée du VMRR ! En parallèle, nous ferions bien aussi de nous battre pour qu'une part du billet de train nous revienne en contribution directe car rappelons-le, nous finançons le TER pour la gloire !
Côté fret, notre groupe se réjouit de la remise en état de la ligne fret Auray-Pontivy-St Gérand qui confirme l'intérêt pour ce tronçon. Ainsi que du transfert en pleine propriété à la Région Bretagne des voies ferrées desservant les ports de Lorient et Brest. J'ai connu dans mon enfance des trains depuis Keroman, j'espère les revoir un jour.
Enfin, en ce qui concerne les aéroports, nous avons applaudi le schéma aéroportuaire, reste toujours la rationalisation. La « charte de coopération » à venir est un moyen d'aller dans cette direction. Le bordereau indique que « les infrastructures des quatre aéroports doivent être maintenues en état opérationnel, sauf à être durablement déclassées ». C'est ce que nous demandons pour Quimper et Dinard, aéroports désormais inutiles. Sur le programme 703, même sentiment que pour certains programmes liés à la mer : on a plutôt l'impression de lire un programme énergétique – photovoltaïque plus précisément – qu'aéroportuaire !
Mais dans les grandes lignes, c'est une mission ambitieuse que nous voterons !
Merci




