Question orale : Etudes celtiques – février 2026

Published On: 24 mars 2026Views: 3

Valérie Tabart porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Question orale : Etudes celtiques

 M. Le Président,   

Il y a quelques jours, vous participiez au sommet celte en Écosse afin de faire vivre la coopération interceltique aux côtés de l'Ecosse, le Pays de Galles, la Cornouailles, l'ile de Man, l'Irlande et la Galice.   

Au programme, de nombreuses thématiques de coopération entre territoires se reconnaissant de l'héritage celte et, parmi elles, la culture et les langues celtiques.   

En Bretagne, deux diplômes universitaires sont consacrés aux études celtiques : le master « Langues et cultures celtiques » de l'Université de Bretagne Occidentale à Brest, adossé au Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC), et le Diplôme universitaire « Études celtiques » (DEC) de l'Université de Rennes, créé en 1911 par Anatole Le Braz.    

Or, la pérennité de ces deux diplômes est aujourd'hui menacée.  

Le master de Brest, suspendu depuis la rentrée 2025, propose un enseignement interdisciplinaire unique en France, délivré en français et en anglais. Il associe l'apprentissage des langues celtiques anciennes et modernes (breton, gallois, irlandais) à des études littéraires, historiques et civilisationnelles, tout en s'ouvrant à la recherche internationale. Sa fermeture, même temporaire, est un signal d'alerte. C'est une vision de la recherche sur la Bretagne et le monde celtique qui vacille, minée par les restrictions budgétaires.  

Le DEC de Rennes, lui, connaît paradoxalement une belle dynamique avec 25 inscrits cette année, un record parmi les diplômes universitaires de Rennes. Ce succès est le fruit de l'engagement des enseignants et de l'association Kendeskiñ, qui se sont fortement impliqués dans la promotion de la formation.   

 

 

Le DEC permet l'exploration des pays celtiques et fournit des connaissances sur la géographie et l'histoire de la Bretagne (celle qui ne nous a pas été enseignée- et qui ne l'est toujours pas- sur le territoire breton). Il permet aussi d'approfondir l'univers de la tradition orale, si riche en Bretagne, et de plonger dans celui de la création littéraire, artistique et musicale bretonne. Il donne également un éclairage sur la Bretagne contemporaine.    

Ces deux formations ne sont pas de simples "cursus". Elles sont les pierres angulaires d'un savoir collectif, d'un dialogue fécond entre sciences, mémoire et avenir breton. Leur disparition fragiliserait tout un écosystème intellectuel qui irrigue les musées, les associations culturelles, l'enseignement bilingue, les médias et les collectivités locales. C'est de la transmission de l'héritage et de la mémoire du peuple breton qu'il s'agit.   

Il est évident que notre collectivité régionale a vocation à soutenir activement ces deux filières en les inscrivant dans une ambition culturelle et politique d'envergure, tant à l'échelle bretonne que dans le rayonnement de la Bretagne à l'extérieur.  

Au sein de la Bretagne tout d'abord : De nombreux enseignants-chercheurs, réunis au sein du CRBC à Brest ou du CELTIC-BLM à Rennes (Centre d'Étude des Langues, Territoires et Identités Culturelles – Bretagne et Langues Minoritaires), participent à la construction de connaissances scientifiques sur la Bretagne et les pays celtes. Ces savoirs, riches et précis, se situent à l'opposé de représentations fantasmées : ils reposent sur une démarche fondée sur l'exigence d'objectivité et sont nourris d'un questionnement permanent et d'un dialogue constant avec des chercheurs du monde entier, en particulier de l'espace celtique.    

 

Nés de la recherche universitaire, ces savoirs sont porteurs d'une richesse qui devrait circuler bien au-delà du monde académique, pour irriguer la société bretonne et ainsi renforcer une conscience culturelle commune et doter la Bretagne des outils de sa propre expression intellectuelle et démocratique.   

 

À l'échelle européenne ensuite, garantir ces formations, c'est aussi crédibiliser la politique bretonne de coopération et de diplomatie celtiques. Comment prétendre porter la voix de la Bretagne au sein du réseau interceltique si, chez nous, l'accès au savoir celtique s'étiole ?    

 

À court terme, la priorité consiste à assurer la rentrée des deux formations universitaires à Brest et à Rennes.   

En ce qui concerne plus spécifiquement le DEC, formation de 120 heures dispensée les jeudis de septembre à avril, ouverte à toutes et tous, y compris sans baccalauréat, la collectivité régionale peut agir concrètement : relayer largement son existence auprès de ses agents et de ses élus, et encourager les inscriptions.   

Cette formation peut en effet constituer un véritable appui pour l'exercice d'un mandat politique ou d'une mission au sein de la collectivité, en offrant une densité de savoirs sur la Bretagne. J'avance d'autant plus cet argument que j'en fais moi-même l'expérience en suivant actuellement le DEC.  

 

  1. le Président, dans ce contexte, comment la Région entend-elle agir concrètement pour garantir la pérennité du Master de Brest et du Diplôme d'Études celtiques de Rennes, et pour donner toute sa portée à une ambition culturelle et politique pour la Bretagne au sein du monde celtique ?
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