
Ports – Préfiguration société portuaire de Lorient – février 2026
Gael Briand porte la position du groupe Breizh a-gleiz au sujet du bordereau : Ports – Préfiguration société portuaire de Lorient
Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président,
La naissance de la ville de Lorient, en 1666, est liée à la construction navale et au commerce. Siège de la Compagnie des Indes, son port fut un nœud du commerce international de marchandises en provenance des Indes, autrement dit d'Asie, mais aussi – hélas – d'êtres humains. Les photos de Lorient d'avant guerre nous laisse imaginer la ville magnifique qu'elle était. Aujourd'hui, Lorient est un port mineur à l'échelle internationale, même s'il a son importance pour l'économie bretonne.
Ce bordereau nous invite à revoir sa gouvernance en conservant une maîtrise de l'outil par la Région qui resterait majoritaire et en y associant les collectivités et des acteurs économiques. Pourquoi pas ! Ceci étant dit, ce document reste extrêmement flou sur ce que la Région Bretagne envisage comme avenir pour ce port. Il manque de précision du fait de l'usage de mots-valises comme par exemple « renforcer l'attractivité du site ». Comment s'y opposer ? Mais surtout comment faire ? Depuis 20 ans, la Région clame légitimement qu'il faut travailler à la maîtrise du foncier. C'est particulièrement vrai à Lorient où l'emprise foncière est limitée et les capacités d'agrandissement quasi-nulles. Une fois encore, le sujet est inscrit noir sur blanc ici : « mise en place d'un schéma d'acquisition et de valorisation foncier permettant d'accroître le périmètre disponible pour les activités portuaires ». Oui, donc soyons précis et factuel : il faut agrandir le domaine public maritime. Soyons-le encore plus : il faut fermer à la circulation le boulevard de la rade, voire une partie de la rue Jacques Cartier qui longe le port pour agrandir l'espace de manutention et donc de stockage. En somme, il faut gagner de l'espace industriel.
Ce travail à mener conjointement avec la ville est urgent car certaines demandes de clients ne peuvent être honorées faute d'espaces de stockage suffisants. Nous savons que des investissements lourds sont en cours sur le port : grues, quais, voies ferrées à remettre en état… Ceux-ci sont nécessaires pour faire perdurer l'histoire commerciale de Lorient. L'année 2025 a été plutôt bonne, mais il faut se projeter vers l'avenir. Le personnel portuaire s'inquiète du temps que prendront les travaux. Et il est vrai que ce bordereau ne fixe pas d'objectif calendaire. Or, pendant la durée des travaux, où seront stockées les marchandises comme le broyat de bois ou les pneus ? Il existe de nombreux terrains inoccupés et moyennant des concessions de voiries, le port pourrait pourtant continuer à tourner sans aucun problème. Ces travaux anticipent l'arrivée prochaines des éoliennes et c'est une bonne chose, mais le temps qu'ils aboutissent, il ne faut pas perdre les trafics existants. Car rappelons-le une fois encore : c'est de diversification dont a besoin le port de commerce de Lorient !
A défaut d'« améliorer les conditions de travail des personnels portuaires », objectif inscrit également dans ce bordereau, bien anticiper et programmer les travaux les rassurera probablement.



